LES JOUETS : PREMIER PAS VERS L'INÉGALITÉ


Les jouets que l’on offre à nos enfants sont encore aujourd’hui empreints du sexisme ambiant de nos sociétés. C’est assez évident lorsqu’on voit que les jouets destinés aux petites filles sont encore souvent rose et ceux des garçons bleus. On a même vu récemment tourner sur les réseaux sociaux une photo de globe terrestre rose pour les petites filles, jusqu’où va l’absurde ?


Le sociologue Serge Chaumier a analysé les jouets destinés aux filles et en ressort trois séquences : la séduction (tête à coiffer, maquillage…), la maternité (poupon, poussette, alimentation …) et le domestique (mini-four, mini-aspirateur, mini-cuisine…). L’avenir qui leur tend les bras est restreint à se faire belle, à s’occuper des enfants et de la maison.


Les informations sous-jacentes à tout ces supports provoquent chez les enfants une assimilation particulière des qualités attribuées aux hommes et aux femmes : elles seraient différentes et les rôles dans la société seraient distincts par le sexe. C’est le processus d’intériorisation du stéréotype qui est en jeu. Rossi-Neves et Rousset (2010) confirment en affirmant qu’aujourd’hui la socialisation primaire est encore très différenciée par le sexe et que les valeurs sociales transmises aux enfants sont genrées.


Ce qu’il faut comprendre, c’est que les stéréotypes sexistes sont présents bien au-delà des jouets, dans la publicité, les médias, films, dessins animés, manuels scolaires… et qu’ils nous influencent ! Il nous faut donc être vigilants, mais on peut se rassurer car ce n’est pas irréversible et de nombreux projets sont concrétisés pour créer des jouets plus égalitaires, non genrés en vue d’une éducation meilleure. Comme la marque KidKraft Europe qui fait justement des cuisines mixtes et neutres, autant adaptées aux filles qu’aux garçons ou encore Lego qui dédie ses dernières figurines aux femmes de la NASA.



Par Agathe le Boubennec


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