TOUS PLUS OU MOINS TRANS ?

 

Yes my dear. Vous saviez qu’on avait tous 5 sexes ? Le sexe génétique (XX ou XY), anatomique, hormonal, social et psychologique. Ça fait beaucoup de monde à gérer tout ça.


Comme en général on fait coïncider tous ces sexes inconsciemment, on ne s’en aperçoit pas. Pourtant l’identité est loin d’avoir un destin aussi figé qu’on le croit. L’identité sexuelle se construit par étapes successives. Un peu comme nos goûts alimentaires. De nombreux éléments viennent varier les possibilités : un chromosome se greffe à un autre, un chromosome s’ajoute, la culture la ramène. Et comme on met un grand coup de shaker là-dedans, ça fout le bordel.


Imaginez quelqu’un qui aime le chocolat et la vanille. Si on mélange les deux, le chocolat prend le dessus, et on oublie que cette personne aime aussi la vanille. C’est ce qui se passe avec le genre. Il faut toujours qu’une catégorie (homme/femme) ait l’avantage ou qu’on nous fasse entrer à l’intérieur au chausse-pied. Pour contrecarrer tout ça, on a eu la chic idée d’inventer d’autres étiquettes. Plus de cases, plus de cases ! Demi-boy, Neutre, fluide, agenre, trans… Et comme on aime bien la binarité, que ça nous rassure de classer les gens en “ça ou ça”, on a créé une deuxième binarité qui sépare les “trans” des “cis”, c’est à dire les non-trans. Le genre est mort. Vive le genre.


Stop. L’identité est un espace poreux qui ne pourra jamais adhérer à aucune classification. Si certaines femmes prennent de la testostérone par exemple, ce n’est pas forcément pour devenir un mec et accéder au pôle inverse mais au contraire pour trahir ce que la société fait de nous, transcender les codes, ou les superposer, dynamiter les catégories hommes/femmes ou homo/hétéro. Reconnaître une multiplicité de désirs, et de sensibilités. Et prouver qu’on n’est rien d’autre qu’un être humain. Respiration.


Pour en savoir plus, lire Sciences humaines n°235 : Les identités sexuelles.

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