AUNG SAN SUU KYI : LA PACIFISTE INNÉBRANLABLE


Aung San Suu Kyi, personne n'imaginait qu'elle irait jusqu'à se présenter aux élections présidentielles...


Aung San Suu Kyi naît le 19 juin 1945 à Rangoun en Birmanie. Elle est la fille du général Aung San, leader de l’indépendance birmane assassiné en 1947. Aung San Suu Kyi étudie la philosophie, la politique et l’économie à Oxford en Grande-Bretagne, puis termine ses études par un doctorat à l'École des études orientales et africaines de Londres. Âgée de 22 ans, la jeune étudiante part pour New York en 1967 et obtient un poste de secrétaire-assistante aux Nations unies. Cinq ans plus tard, elle épouse Michael Aris, un anglais spécialiste des civilisations tibétaines. Elle partage alors sa vie entre le Royaume-Uni et le Bhoutan, pays où habite son mari, et donne naissance à deux enfants. Mais elle doit rentrer en Birmanie en 1988 pour s’occuper de sa mère vieillissante. Ce moment correspond à son entrée officielle en politique. Elle fonde la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Influencée par les idées de Gandhi et de Martin Luther King, elle prône la non-violence et propose des réformes pour installer durablement la démocratie en Birmanie.


En 1989, elle est arrêtée par le gouvernement militaire qui lui propose la liberté à condition qu’elle quitte le pays, ce qu’elle refuse. Elle est alors mise sous liberté surveillée. Malgré cela, elle continue de lutter pour la paix et l'indépendance de son pays et écrit plusieurs discours et livres politiques. Elle devient aux yeux du monde la figure emblématique de l'opposition birmane à la dictature.

L’année suivante, la junte militaire cède sous la pression populaire et met en place des élections générales, qui se soldent par une écrasante victoire du LND. Malheureusement, les députés élus ne sont pas autorisés à siéger.

Aung San Suu Kyi remporte le prix Nobel de la Paix en 1991. Elle ne pourra le recevoir que vingt-et-un ans plus tard. Elle est libérée de sa détention surveillée en 1995 mais a interdiction de quitter le pays. Aung San Suu Kyi ne reverra jamais son mari, qui meurt d’un cancer de la prostate en 1999. 

Entre 2000 et 2010, elle est emprisonnée et libérée plusieurs fois par la junte. En 2001, le groupe U2 lui dédie la chanson « Walk On », qui sera interdite de diffusion en Birmanie.

Aung San Suu Kyi est libérée définitivement en 2010. Elle se présente aux élections législatives partielles de 2012 et remporte très largement le scrutin. Pour la première fois depuis vingt-huit ans, la nouvelle députée franchit les frontières de son pays le 30 mai 2012. 

Elle tente de se présenter aux élections présidentielles de 2015, mais la constitution interdit à un Birman de se présenter s'il est marié avec un étranger. Or son époux, Michael Aris, était de nationalité britannique. 

Ne pouvant pas être présidente de la République, Aung San Suu Kyi devient ministre et cumule autant de pouvoirs que possibles. Elle devient ministre des Affaires étrangères et brièvement ministre de l'Éducation, de l'Électricité et de l'Énergie. Elle est également ministre de la Présidence, un portefeuille qui lui permet de jouir d'un statut de « super-ministre ». 

Bien qu’elle soit libre et élue au gouvernement, la tâche d’Aung San Suu Kyi est loin d’être aisée. Comme l’armée détient encore les ministères clés (la Défense, l’Intérieur et les Frontières ou « Zones périphériques »), elle peine à traiter les conflits liés aux tensions ethniques. Elle est toutefois la première à avoir tenté de mener une conférence de réconciliation nationale en invitant les différentes ethnies, groupes et organisations à discuter. 


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