Vous êtes si belles !


Tu as oublié que nous étions toutes belles


Chère toi, qui es si belle. Il faut t’en convaincre aussi fortement que la société à mis d’effort à t’inculquer que tu étais laide. Il y a tant d’incertitudes et de souffrance sous les poches des yeux des femmes. Ton visage est devenu un endroit que les baisers des autres n’atteignent plus. Tu ne crois plus à aucun compliments. On t’a démembrée, membres après membres et on a exercé une pression politique sur chacun de tes organes. Ta tête, ton coeur, tes jambes, tes seins, tes fesses, ta bouche, ton sexe, tes poils. On t’a couverte selon ta religion, on a bombé ton torse pour vendre des voitures, on a arrondi tes seins, gommé ta peau, inventé des courbes inhumaines, on t’a scannée, photoshopée, exploitée : on t’a fait devenir un objet de vente rentable. On t’a forcé à ouvrir la bouche et à la remplir de silence. Et tu as oublié que nous étions toutes belles et que c’était juste tout ce vacarme sur notre corps qui était moche.



Même nos chevilles faisaient débat au XIXème siècle


Aucune partie de notre corps a échappé dans l’histoire à la critique et au jugement. Même nos chevilles faisaient débat au XIXème siècle. Aujourd’hui ce sont nos tétons qu’il faut cacher sur Facebook. Attention à celle qui oserait faire du topless digital. Un débat plus qu’hypocrite quand on sait qu’on ne demande pas aux femmes de cacher le galbe de leur sein mais l’aréole. Autrement dit, la partie anatomique que l’on a en commun avec les hommes et qui ne pose aucunement problème quand il s’agit de leurs photos. Demain, vous irez à une exposition ouverte au grand public d’un grand photographe qui fait des nues féminins, et il n’y aura aucun problème non plus.


On ne supporte pas la liberté des femmes


On en revient au fameux binôme schizophrénique “vierge ou putain”. Si ce sont les hommes qui instrumentalisent le corps des femmes, il n’y a aucun problème mais si les femmes reprennent possession de leurs chair, que ce sont elles qui décident de montrer leurs seins, de poster une photo de leur téton, là tout à coup on s’indigne. On ne supporte pas la liberté des femmes. Elle irrite. Il n’y a qu’à voir avec quelle violence les Femen sont traitées lorsqu’elles montrent leur torse nu sans le consentement des hommes, justement pour réaffirmer la possession de leur corps.



C’est à se demander si nous ne sommes pas trop libres ?


Dès lors que l’on fait preuve d’une prise de décision, on est toujours trop ci ou trop là. Trop couvertes ou trop dénudées. Trop bruyantes, habillées trop court, trop serrées, trop moulées, avec des talons trop hauts, du rouge à lèvres trop rouge. C’est à se demander si nous ne sommes pas trop libres ?



L’éclat n’est acceptable pour une femme que s’il est dans le contexte de la séduction


Chaque décision prise par une femme semble gêner. Chaque libertés exaspèrent. Tout à coup, nous manquons de modestie. Cette modestie si pratique qui cache la volonté de nous maintenir passive. L’éclat n’est acceptable pour une femme que s’il est dans le contexte de la séduction, validé par le cadre de l’érotisme patriarcal. Dans le cas inverse, la même femme est de mauvais goût. Tape à l’oeil, prétentieuse. Vulgaire ? 


 

“Aujourd’hui je vais kiffer mon gras ma cellulite, me mettre en maillot, bronzer et manger une bonne glace. Et celui-celle qui fera une réflexion sur une quelconque partie de mon corps ne sera pas écouté parce qu’aujourd’hui je me trouve canon !” (Lola, 16 ans, membre du Salon)




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Par Céline Bizière


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