SHÉRYL SANDBERG, MADAME FACEBOOK


Sheryl Kara Sandberg est une des femmes les plus puissantes du XXIe sciècle : elle domine un monde d'ingénieurs presque 100% masculin.


Aujourd’hui numéro 2 (COO) de Facebook, elle est passée par la Banque Mondiale, l’administration Clinton ou encore le géant Google. Major de promo à Harvard, elle bluffe tout le monde depuis ses débuts. Elle a grandi dans une famille toute simple, a été à l’école publique. Mais a toujours été consciente qu’il fallait donné un autre destin aux femmes. Quand elle n’était encore qu’au lycée, elle avait été scandalisée d'entendre le président de la Chambre des représentants la complimenter sur son physique et lui demander si elle était pom-pom girl alors qu'elle exécutait un stage à Washington auprès d'un élu de Floride. Elle crée en réponse à cette expérience, le Women in Economics and Government, un groupe destiné à accroître la présence des femmes dans les hautes sphères. Sous la pression des parents, elle se marie un peu tôt cependant sous prétexte que « les hommes seront tous pris » autrement. Elle divorce un an plus tard.


En 2000, Eric Schmidt, le CEO de Google, qui n’est alors qu’une jeune start-up de 3 ans, l'appelle toutes les semaines pour l’embaucher : « Ne sois pas bête, Google est une fusée ! Tu dois monter à bord ». En 2004, elle épouse un ami d’enfance, Dave Goldberg, un homme qui fera toujours tout pour faciliter sa carrière. Son mari ira même jusqu’à quitter son poste à la tête de Yahoo pour rejoindre sa femme à San Francisco. Un amoureux féministe qui lisait avec son père La Femme mystifiée, un classique de la deuxième vague féministe des années 1960. Une lecture qui lui apprend très tôt que son épouse peut réussir mieux que lui sans que ce ne soit un problème. Fin 2007, elle croise Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook à une fête de Noël. Il papote une heure et deviennent vite très proches. Quels sont tes rêves ? Tes ambitions ? En quoi crois-tu ? Mark l’invite régulièrement, jusqu’à 2 fois par semaine, et plus il la voit, et plus il a envie de lui faire rejoindre son équipe. Mais difficile pour elle de quitter un groupe de 17 000 employés pour une start-up de 500 salariés. Pourtant, c’est le parfait combo. Lui le créatif, elle, la reine des affaires.


C’est elle et non Mark Zuckerberg qui a fait de Facebook le réseau le plus puissant qui existe. Avant son arrivée, Facebook n’était pas rentable, l'entreprise était « principalement occupée à construire un site vraiment cool”. Elle y intègre la pub et propulse le site. Facebook passe en 3 ans de 500 à 2 500 salariés, de 70 millions à 700 millions d'utilisateurs. Mark décide de la payer plus que lui-même et lui verse 30,8 millions de dollars par an. Elle devient alors mieux payée que son patron.

Le 25 juin 2012, Sheryl Sandberg est nommée au conseil d'administration de Facebook. Elle est la seule femme qui y siège. Elle écrit En avant toutes, un plaidoyer féministe qui incite les femmes à avoir de l’ambition. « Nous assimilons les messages négatifs que nous recevons tout au cours de notre vie et nous limitons nos ambitions par rapport à ce que nous pouvons atteindre », écrit-elle. Sheryl Sandberg y raconte que ses collègues chez Google l’appelaient « grosse baleine » quand elle était enceinte ou encore qu’un investisseur n'a pu lui indiquer les toilettes pour femmes, n'ayant jamais eu auparavant d'interlocuteurs féminins lors d'une levée de fonds.


Le 1er mai 2015, elle perd subitement l’amour de sa vie, et doit élever seule ses deux enfants alors qu’elle a un des jobs les plus exigeants de la Silicon Valley. De l’option A, elle passe à l’option B, et entame une nouvelle vie sous le signe de la résilience : « Dave, pour honorer ta mémoire et élever tes enfants comme ils le méritent, je promets de faire tout mon possible pour profiter de l'option B. Je pleure encore l'option A. Je serai en deuil de l'option A. Comme Bono le chantait : "Il n'y a pas de fin à la douleur... et il n'y a pas de fin à l'amour." Je t'aime, Dave. »


Shéryl est une femme qui a imposé le leadership féminin et ébranlé les façons de penser la diversité en entreprise. « Elle est d'une générosité incroyable. Elle s'assure que toutes les femmes ont une voie pour monter les échelons », Fidji Simo.

Mais malgré tout ça, elle reste modeste : qualité que l’on apprend malheureusement aux filles dès l’école : « Quand je l'ai invitée pour la première fois au sommet des femmes les plus puissantes, en 2005, elle n'a pas voulu inscrire l'événement sur son agenda Google car il était partagé avec toute son équipe et elle avait honte de ce terme » raconte Pattie Sellers, qui supervise le classement des 50 femmes les plus puissantes du monde. Des années plus tard, Sheryl Sandberg se sent toujours mal à l'aise quand Forbes fait d'elle la cinquième femme la plus puissante du monde.



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