L'EMPOWERMENT DES FEMMES AFRICAINES GRÂCE AU VÉLO


En Afrique, les campagnes de promotion du vélo ciblent les femmes en priorité. Le vélo facilite l’accès à l’école et au travail et permet même de diminuer le risque d’agression sexuelle.



Il est rare de croiser une femme à vélo dans certains pays africains, car les clichés ont la vie dure. En Sierra Leone, les femmes ont peur de perdre leur virginité en enfourchant leur bicyclette. Elles refusent également de montrer leurs jambes.


Des initiatives comme le Village Bicycle Project et la société Ghana Bamboo Bikes permettent de démocratiser l’usage du vélo en Afrique du Sud, au Ghana, en Sierre Leone, en Ouganda ou encore au Nigeria. A titre d’exemple, le Village Bicycle Projet livre 10 000 vélos chaque année au Ghana et en Sierra Leone.

Le lien entre vélo et empowerment féminin n’est pas évident à première vue. Pourquoi le vélo est-il une opportunité pour les femmes ? Rappelons le contexte : dans ces pays, les femmes les plus défavorisées ne s’occupent pas seulement des tâches ménagères, elles doivent également travailler dans les champs et aller au marché pour vendre leur production. « En Tanzanie, les femmes et les filles assument 90% des tâches domestiques, qui incluent chaque jour de longues heures de marche pour collecter de l’eau, de la nourriture et du bois », rapporte Joshua Poppel, directeur du Village Bicycle Project.


Ces activités leur prennent tellement de temps qu’elles n’en ont plus pour étudier. En effet, les écoles sont parfois situées à des kilomètres des lieux d’habitation. Pour des millions d'enfants, aller à l'école chaque jour relève du parcours du combattant. Le vélo permet donc de répondre à ce problème. « La distance est la barrière à l’empowerment économique », selon Allison Dufosee, à la tête de World Bicycle Relief. « Un vélo peut faire toute la différence ». Une femme qui possède un vélo peut monter sa propre affaire et vendre ses produits à des marchés auxquels elle n’avait pas accès jusqu’alors.


« Je suis indépendante financièrement à présent », se réjouit Selina Abuakwa, une agricultrice ghanéenne. Selina devait marcher sept kilomètres pour se rendre à la ferme. Grâce à son vélo, elle peut passer plus de temps sur les cultures et ainsi augmenter ses récoltes.

Plus surprenant encore, les femmes constatent qu’elles sont moins vulnérables dans l’espace public. Elles sont rassurées à l’idée de pouvoir fuir leur agresseur d’un coup de pédale. « Je vais plus vite qu’un homme qui court », commente Irene, une adolescente Zambienne. Le vélo, meilleur ami de la femme ?





Adapté et traduit de l’article « I can pedal faster than a man can run’ – how bikes are changing the dynamic on Africa's roads », paru le 25/07/17 dans The Guardian.


Par Marie-Lou Dulac

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