ELLE PORTE LA CULOTTE


Katharine Hepburn, cette icône du cinéma qui ne se laisse pas marcher dessus a un caractère bien trempé, des envies de liberté et d'indépendance, et un profond mépris des normes... Et ça lui a réussi !



Elle baigne dans un milieu féministe


Fille d’un chirurgien progressiste et d’une mère suffragette, Katharine fait preuve dès son plus jeune âge d'un fort caractère : elle décide de porter des pantalons et d'avoir les cheveux courts, participe aux jeux de lutte que son père organise pour ses frères, et n'a pas peur de grimper aux arbres. Ses parents la laissent libre d'être qui elle veut, et ne cherchent pas à modérer son tempérament. Le jour où un policier vient avertir son père qu'elle est tout en haut d'un arbre, ce dernier lui répond simplement : « Pour l'amour de Dieu, ne l'appelez pas, vous pourriez la faire tomber ! ».

Appartenant au mouvement des suffragettes pour le droit de vote des femmes, sa mère est une farouche militante, estimant qu'elle a mieux à faire que de pousser un landau. Elle emmène ainsi sa fille à bon nombre de réunions et de conférences animées par Mrs Pankhurst, la fondatrice du mouvement. Plus tard, Katharine participera plus activement en distribuant des pamphlets féministes dans son voisinage.

Ayant pour conviction qu'il ne faut pas avoir de secrets pour ses enfants, sa mère la laisse assister aux interventions de Mrs Pankhurst et d'autres femmes aux idées très radicales, sur la planification des naissances, l'usage des contraceptifs ou encore les maladies vénériennes. Autant de graines qui ne tardent pas à germer dans l'esprit déjà très libre de Katharine. Quand celle-ci commence à s'interroger sur les détails de sa naissance, sa mère, refusant d'avoir le moindre tabou pour ses enfants, répond de la manière la plus honnête possible. Katharine conclut alors : « Oh, alors je peux avoir un bébé sans être mariée ! C'est ce que je vais faire ! ».

 

Elle ose tout sans tabou


Passionnée de cinéma depuis toujours, elle ne connaît pas le compromis et veut être une star, sinon rien. Actrice à Hollywood, on la dit arrogante, certains la traitent même de « Box Office Poison ». Loin d'être arrogante, elle a surtout de grandes difficultés à se lier aux autres et à se fondre dans la masse. Surtout, elle préfère la compagnie des techniciens de tournage à celle des autres acteurs à la grosse tête.

Libre avant tout, elle ose tout : porter de la fourrure avec des jeans, ne pas aller chercher ses oscars (elle reçoit quatre fois celui de la meilleure actrice, mais ne vient en chercher aucun), fuir les mondanités… Elle n'a pas froid aux yeux, mais surtout elle méprise toute forme de conformisme, que ce soient les diktats de la mode ou les règles de bienséance.

Vêtue de chandails d'hommes et de pantalons trop grands pour elle, elle ignore superbement les moqueries et critiques que cela engendre. Elle n'écoute qu'elle-même et se fiche éperdument du qu'en-dira-t-on. Quand un soir de première, elle arrive quinze minutes avant le lever du rideau et se rend compte que l’élastique de sa culotte est détendu, elle n’hésite pas une seconde et l'enlève, la roule en boule et la donne à un machiniste éberlué. Et quand plus tard, sur un tournage, on essaye de l’empêcher de porter ses jeans en les lui volant, elle ne se démonte pas, refuse de porter les robes qu’on lui donne et se promène en culotte sur le plateau devant toute l’équipe jusqu’à ce qu’on lui rende ses denims !

 

Elle devient une icône du cinéma


Si elle arrive au sommet, c’est d’ailleurs uniquement grâce à cette persévérance qui la caractérise : jugée trop excentrique, elle mise sur cette différence pour briller à Hollywood. Et lorsqu’on lui propose un premier rôle au cinéma, elle exige de suite un gros cachet – alors qu’elle est encore une totale inconnue – parce qu’elle sait qu’imposer sa loi peut payer. Et à juste titre, elle est, à l'issue de sa carrière, l'héroïne d'une cinquantaine de longs métrages, dont La Rebelle, La Femme de l'année, Mademoiselle Gagne-Tout, Madame porte la culotte ou encore Une Femme de tête, autant de titres qui lui vont comme un gant.

C'est l'une des rares femmes de l'histoire du cinéma à avoir mener une carrière aussi brillante pendant cinq décennies. Moderne à l'écran comme dans la vie, elle est un vrai modèle d’indépendance et de liberté. Bien que sans enfant, cela ne l’empêche pas de vivre heureuse jusqu’à ses 96 ans, après une longue vie bien remplie, mais surtout sans concession.


Sources :

Les 30 féministes que personne n’a vus venir, de Johanna luyssen et Énora Denis.

Katharine Hepburn, Anne Edwards

Appelez-moi Kate, Confidences de Katharine Hepburn, A. Scott Berg

Moi, histoires de ma vie, Katharine Hepburn


Par Amandine Eliès


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