LA PLACE DES FEMMES DANS DESPERATE HOUSEWIVES


Vous pouvez regarder Desperate Housewives sans culpabiliser ! Derrière l’image entretenue de la femme parfaite et souvent superficielle se cachent des héroïnes, véritables totems, qui nous invitent à repenser le genre féminin.


Dès le générique les images animées nous montrent comment depuis Ève jusqu’à aujourd’hui, les femmes ont lutté contre la domination masculine. Pourtant, la série s’ouvre sur 4 portraits de femmes, figés par les stéréotypes. Bree représente par exemple le retour aux valeurs morales, religieuses et républicaines. Elle est associée aux femmes de Stepford, véritables femmes-robots qui supplantent l’électro-ménager. Quant à Gaby, elle serait l’incarnation de la beauté, incapable de penser et donc de travailler. Suzanne serait la sotte, et Lynette réduit au seul statut de mère.


Mais le fait que la série se passe en 2010 jette un voile ironique sur cette représentation des femmes. Aidé de la voix narrative, le spectateur est invité à prendre du recul par rapport aux images. Il s’agit bien évidemment de critiquer cette vision sclérosée du genre féminin. En réalité, Marc Cherry envisage de reconstruire le mythe féminin en montrant que l’essence féminine n’existe pas et en mettant en avant les identités de genre (féminin/masculin) comme construction sociale.


C’est ainsi que les portraits des 4 femmes se défigent peu à peu au fil des épisodes. Bree se décoince et part à la découverte de son corps, Lynette est à de nombreuses reprises « l’homme du couple ». À la fin de la série ce ne sont plus les femmes, mais les hommes qui sont au foyer. La série vise donc à ce renversement final des rôles qui rend interchangeable le statut féminin et masculin en même temps qu’elle dénonce l’artificialité d’un genre qui n’est que performance.


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