LA MARQUISE DE POMPADOUR : LE MINISTRE DE LA CULTURE DU 18E SIÈCLE


Une voyante lui avait prédit son destin mais personne n’y croyait, sauf elle. Le 10 septembre 1745, La Pompadour s'installe à Versailles dans un appartement situé juste au-dessus de celui de Louis XV et devient la Favorite du roi alors qu'elle n'est qu'une roturière.


Elle est née le 29 décembre 1721 dans une famille simplement bourgeoise, sous le nom de Jeanne-Antoinette Poisson. Pour Versailles, elle n’est qu’une parvenue infréquentable. Toute la Cour n’espère qu’une chose : qu’elle ne reste pas longtemps dans les bras du roi. Mais manque de chance, il l’adorera et ce n’est que la mort qui les séparera, 20 ans plus tard.


Elle apporte à Versailles, l’esprit de Paris, et apprend au roi à aimer le théâtre. Elle est d’une telle intelligente que Louis XV lui laisse distribuer les places centrales dans l’organisation de la monarchie et elle gagne même le respect de la reine. Mais le Dauphin ne s’y fait pas et lui reste hostile. Il ose d’ailleurs l’appeler « Maman Putain ! ».

La Pompadour est une grande protectrice des Arts et des Lettres. Elle fait d’ailleurs tout son possible pour éviter la censure à l’Encyclopédie. Elle protège Voltaire de la critique, Montesquieu et permet aux philosophes de critiquer le régime en place en faisant l'éloge du système politique anglais et en prônant une monarchie éclairée. Si on la voit sur un tableau, ce n'est pas une fleur en main, mais à côté d'un globe, d'une partition de musique ou d'une pile de livres.


Cela dit, si la marquise a les faveurs du roi, elle sait que sa position ne tient qu’à l'amour qu'il lui porte. Et il commence à lui reprocher son manque de sensualité. Elle décide donc de se gaver de chocolats, d’aphrodisiaques, de truffes. Mais rien n’y fait puisqu’il s’agit en réalité d’un problème gynécologique qui lui rend les rapports sexuels douloureux. D’amante, elle décide donc de devenir l’amie nécessaire, la confidente précieuse qui s’éloignera du corps du roi, pour mieux le dominer par l’esprit. Et pour ne pas être éclipsée par une autre femme, elle choisit elle-même les maîtresses de Louis XV : des fillettes douces et belles, légèrement instruites, mais jamais aussi intelligentes qu'elle. Résultat : moins elle est traitée en maîtresse, plus elle agit en souveraine : elle contrôle les ministres, conseille les ambassadeurs, parlent aux généraux et finit par tenir, le rôle de ministre de la Culture.


Le 5 janvier 1757, le roi est poignardé. Et si l’accident est sans gravité il rappelle à La Pompadour la précarité de sa situation. Ne sachant pas si le roi va survivre, on la somme de quitter Versailles sur le champ. Mais la maréchale Mirepoix, son amie, la retient « Qui quitte la partie la perd ». Elle reste donc et finit par apprendre que le roi va bien. À 42 ans, la Marquise meurt de la tuberculose après s'être plaint des dizaines de fois des courants d'air à Versailles et du froid qu'il y règne. Sa mort la ramène une dernière fois à sa condition : l’étiquette interdit au roi de se rendre à ses funérailles. La légende raconte d’ailleurs, que c’est depuis une fenêtre du château qu’il voit passer le convoi funèbre les larmes aux yeux tout en déclarant « Voilà les seuls devoirs que j’ai pu lui rendre ».

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