ELISABETH IÈRE : LA REINE VIERGE


Après avoir vu sa mère (Anne Boleyn) se faire couper la tête pour ne pas avoir donné d’héritier mâle à la couronne, Elisabeth Ière se voit obligée de devenir reine d’Angleterre et d’Irlande. C’était ça ou donner le royaume au roi français, Henri II. Comment gagner l’autorité d’un roi dans un monde où les femmes sont tuées quand elles ne donnent pas de fils ?


La reine subit une éducation virile : on lui apprend à ne plus montrer ses sentiments, elle gomme sa féminité et s’empare des attributs masculins que sont le courage, la force et la froideur. Elle renforce la mascarade jusqu’à utiliser le « he » masculin de la troisième personne du singulier pour parler d’elle-même. Étant devenue un homme elle ne peut en épouser un. Et puis, le refus de se marier lui permet d’échapper au rapport hiérarchique qu’induit inévitablement une union et « forgeant cette extraordinaire image de la Virgin Queen, version séculaire de la vierge mystique dont le seul époux ne saurait être que le Royaume » (Regard Frédéric)


Pour devenir reine, elle supprime ainsi tous les attributs de son sexe jusqu’à en venir à son amputation symbolique. Elle sera la Virgin Queen, c’est à dire la femme-homme, refusant une sexualité qui la mènerait à la maternité et lui ferait perdre (dans l'imaginaire collectif bien sûr) les qualités de force et de froideur masculines imposées au rôle de roi.

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