DES FEMMES GLADIATRICES DANS LA ROME ANTIQUE


Bien qu’elles aient été oubliées par l’Histoire, les femmes gladiatrices ont combattu, gagné leur liberté et perdu la vie dans les arènes romaines. 


Traditionnellement, les fictions qui mettent en scène des gladiateurs dépeignent des hommes héroïques et des femmes passives (tour à tour victimes ou spectatrices). Pourtant, les exemples littéraires et archéologiques foisonnent pour attester l’existence de gladiatrices dans l’Empire romain. 


Comme les gladiateurs étaient essentiellement des esclaves dépourvus de droits, il était infamant pour un citoyen d’embrasser une carrière de combattant. Malgré cela, le goût du risque et l’appel des armes en a attiré plus d’un – et plus d’une – dans l’arène. L’historien Tacite rapporte que sous le règne de Néron, de nombreuses femmes de haut rang participaient à des combats de gladiateurs : « Beaucoup de femmes distinguées […] se sont déshonorées en se montrant dans l’amphithéâtre ». A tel point que certains empereurs ont dû légiférer pour interdire leur participation aux jeux. Les femmes étaient tout aussi attirées que les hommes par la gloire, la cruauté et le danger que représentaient ces affrontements. 


A cette époque, il était courant d’assister à des chasses d’animaux sauvages appelées venationes. Les animaux (éléphants, ours, taureaux, lions et tigres) étaient capturés dans tout l'empire et conservés jusqu'au jour du spectacle. A l’inauguration du Colisée, on raconte que des milliers d'animaux ont été tués en une seule journée. Les femmes auraient notamment participé à des chasses à l’ours, vêtues d’armures et équipées d’épées. Elles savaient donc manier les armes. 


Les femmes auraient également combattu entre elles. Un relief du British Museum montre deux femmes gladiatrices dont on connaît seulement les noms de scène : Achillia et Amazone. Les gladiateurs les plus illustres prenaient le nom de personnages homériques, comme Ajax, Patrocle ou Hector. Et ceux-ci avaient leurs homologues féminins. Pour expliquer cette scène, les historiens avancent deux hypothèses : soit il s’agissait d’esclaves contraintes de se battre pour sauver leur vie, soit il existait des Romaines si amoureuses du danger qu’elles étaient volontaires pour descendre dans l’arène. Avec l’espoir, peut-être, d’entendre la foule chanter leurs louanges et d’inscrire leur nom dans l’Histoire.

 

Adapté et traduit de l’article « Female Gladiators Were A Part Of The Lure Of The Roman Arena Too», paru le 12/04/17 dans Forbes.


Par Marie-Lou Dulac


Si vous avez aimé cet article, inscrivez-vous à notre newsletter