YVES SAINT-LAURENT, IL INVENTE LE SMOCKING POUR LES FEMMES


« Et surtout, Saint Laurent, pas de minijupe ». Comme Coco Chanel lui avait interdit de raccourcir trop les jupes, en 1966, Yves Saint-Laurent émancipe différemment la femme et invente l’image de la business woman.


Il lance le premier ensemble du soir inspiré du smoking. Col en V et carrure rectiligne. Il suggère une nouvelle vison de la femme qui peut désormais échanger sa tenue avec son mari, avec pour égérie, Catherine Deneuve. Son but : rendre le vestiaire de l’homme et de la femme interchangeable.


« Les filles n’ont plus besoin de minauder, de bêtifier, de montrer leurs jambes pour signaler qu’elles sont des femmes. Les garçons n’ont pas plus besoin de taper de la canne, de rouler des épaules (…). Avant, les hommes et les femmes, c’étaient deux mondes étrangers qui se croisaient de temps en temps. Aujourd’hui, filles et garçons sont mieux qu’égaux : très proches sans être pareils. (…) Vivant la même vie, il est normal qu’ils portent les mêmes jeans, les mêmes shetlands, les mêmes marinières, les mêmes tuniques ». YSL s’est mis au service des femmes. Il voulait comme il dit  "servir leur corps, leur attitude, leur vie." Il a voulu les« accompagner dans ce mouvement de libération que connut le siècle dernier ». Il a voulu que les femmes qu’il habille soient enfin à l’aise dans leur vêtement, soient confiantes.

 

Pour ça, il a par exemple mis des poches dans les robes. « Prenez deux femmes » dit-il. « Celle qui a des poches aura tout de suite sur l’autre un sentiment de supériorité. Laisser pendre les bras ou être obligée de les croiser ou de faire tourner son alliance, ce sont des gestes gauches, des handicaps. » Il a inventé « une base » pour les filles. Il avait remarqué que les hommes étaient plus sûrs d’eux parce que leurs vêtements ne changeaient pas. Il a alors inventé un classique pour les femmes et créé la garde-robe de la femme contemporaine. 


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