L'ÉPINGLE À CHAPEAU, 1ÈRE ARME DE SELF-DÉFENSE


À l’ère des réseaux sociaux, nous avons #MeToo et les bombes lacrymogènes pour nous défendre face aux agresseurs, mais au 19e siècle, les femmes utilisaient leurs… épingles à chapeau.


Il y a encore 150 ans, aucun homme n’aurait oser agresser ou harceler une femme dans la rue, pour la simple et bonne raison qu’une femme ne se déplaçait jamais seule. Les jeunes filles étaient accompagnées de leur chaperon tandis que les femmes mariées sortaient au bras de leur époux. Or, les années 1880 ont vu naître une génération de femmes ayant soif d’indépendance, qui ont commencé à expérimenter les promenades en solitaire.


La société étant ce qu’elle était, certains hommes ont jugé ce comportement aguicheur et provocant et n’ont pas hésité à agresser ces femmes, si bien que le nombre de cas de harcèlement sexuel dans les rues a explosé. Déterminées, les femmes ont décidé d’agir pour défendre leur liberté de circuler, et ont trouvé la solution au sommet de leur tête.

 

Les chapeaux extra-larges étaient à la mode à cette époque, et pour les faire tenir sur leurs coiffures compliquées, les femmes utilisaient de grandes épingles qui pouvaient atteindre 25 cm. L’épingle à chapeau allait devenir l’arme de prédilection des ladies. Elle a connu un tel succès qu’elle est devenue la 6e arme la plus utilisée par les femmes (après les manches à balai, les couteaux ou encore les assiettes), et que bon nombre d’agresseurs ont connu une fin tragique : certains sont morts des suites d’une infection, d’autres ont manqué de se faire crever les yeux. Les plus chanceux ont dû trouver une explication aux éraflures sur leurs joues.


Face à la recrudescence de ce type d’affaires, le gouvernement américain a dû légiférer pour limiter la longueur des épingles à chapeau, en obligeant les femmes à payer une amende de 50 dollars (l’équivalent de 1137 dollars aujourd’hui !) pour toute épingle de plus de 23 cm. Les femmes ont été scandalisées par cette mesure et beaucoup ont refusé d’obéir à la loi.


Dans le même esprit, les prostituées accrochaient un « pique-couille » à leur porte-jarretelle, sorte de pique-papier avec un manche en nacre qu’elles utilisaient contre les mauvais payeurs et les clients violents !


Autant d’accessoires du quotidien qui permettaient aux femmes de se défendre avec les moyens du bord.


Sources :

http://www.in2013dollars.com/1880-dollars-in-2017?amount=50

https://www.interestingshit.com/history/men-feared-women-armed-with-hatpins/

https://www.facebook.com/namelesstv/videos/1591490530933546/

http://midetplus.fr/culture/paris-ville-de-plaisirs/


Par Marie-Lou Dulac

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